L'entrée en sorcellerie est une initiation:
Le Diable profitant d'un instant de faiblesse ou d'égarement tente la personne (le plus souvent une femme) et lui propose un pacte: son aide contre un serment de soumission.
Quand la victime renonçait enfin à la religion catholique, le Démon matérialisait l'accord par une marque à l'aide d'une de ses griffes.
L'initiation se terminait par un accouplement avec le Malin puis un mariage..

La marque laissée par le Diable, étant insensible à la douleur, était recherchée comme preuve de sorcellerie au moment de la Question: on piquait toute la surface du corps jusqu'à ce que l'on trouve un endroit qui ne faisait pas souffrir la prisonnière...
De même, avouer sa participation au Sabbat était suffisant pour signer son arrêt de mort... Les préparatifs du sabbat commençaient par l'élaboration d'un onguent: la "graisse de sorcière":

"Sang de Huppe,
Chauve-souris
Râpure de cloche
Et de suie..."

Enduite de cette préparation, et à l'aide de l'incantation adéquate ( un truc dans le genre:" Va, par le Nom du Diable, Va ! ") une fourche (ou une branche morte, un balai...) leur permettait de se rendre au Sabbat en volant dans les nuées... Arrivés sur les lieux de l'orgie, Sorciers et Sorcières s'accouplaient en formant les plus monstrueuses combinaisons...
Une messe à rebours était dite et après avoir "baisé le cul du Diable" ( qui avait un visage à cet endroit de son anatomie...) La cérémonie se terminait par un festin de petits enfants rôtis, qui n'étaient en fait que les fruits des accouplements entre mortels et démons présents...

L'Espagne et l'Italie ne furent que peu touchées par la Chasse aux Sorcières:

Simplement peut-être parce que les Inquisiteurs n'étaient pas convaincus d'avoir affaire à des sorciers comme ceux qui étaient décrits dans leurs manuels...

Ils rencontraient plutôt des Magiciens, Alchimistes et non de vieilles femmes connaissant juste les secrets des "Simples", ces plantes médicinales aux vertues magiques: Verveine, Jusquiame Noire, Belladone, Mandragore...

Plantes dont la récolte et l'usage suivaient des règles complexes en correspondance avec des principes astrologiques ou en tout cas calendaires.

Petit à petit, le phénomène de sorcellerie perd de son ampleur:

Un édit Royal de 1682 interdit la poursuite judiciaire sur simple dénonciation: il faut des preuves réelles...
A partir du XVIII e siècle, "dépouillée de ses oripeaux maléfiques et sataniques, la Sorcellerie se voit [...] ravalée au rang de la superstition..."
Elle tombe dans l'oubli jusqu'au Romantisme allemand de la première moitié du XIX e siècle, qui la sublime dans son utilisation littéraire (  les Grimm et leurs contes: "Hansel et gretel" ; Jules Michelet: "la Sorcière" pour qui elle devient une femme émancipée proche de la Nature...) picturale (et les Sabbats de Francisco de Goya) ou musicale (Berlioz, Mendelssohn-Bartholdy).

La redécouverte de la culture populaire, ses contes et ses légendes, la font revivre, mais la Peur cette fois cède la place au Plaisir... la Sorcière dans notre imaginaire c'est celle que Halloween carricature.