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Ecrit essentiellement par Henry Institoris (inquisiteur allemand) et co-signé par Jacques Sprenger (dont l'autorité religieuse et intellectuelle dont il jouit servira de caution morale et théologique au livre), sa diffusion est avant tout orientée vers les inquisiteurs. Mais elle déborda largement sa cible...
Pourtant dans une société où personne n'envisageait de remettre en cause son appartenace à la religion catholique, le crime de sorcellerie est le délit le plus abominable qui soit: allégeance est faite au Diable en signant de son propre sang un pacte avec le Malin; pouvoirs contre âme éternelle... le marché est grave... De plus ce choix est fait en toute conscience... Le tribunal ne peut avoir aucune pitié: si le sorcier avoue (et on finit toujours par avouer quand on est soumis à la "Question" ( c'est-à-dire "la gehenne" ou torture...) il est brûlé vif. Si il avoue et se repent, le tribunal, dans sa grande mansuétude, lui accorde d'être pendu ou garotté avant d'être brûlé... En cas de doute, le sorcier est excommunié et exilé: c'est une vraie mort sociale et civile... Assez vite cependant, c'est le bras séculier, c'est-à-dire la Justice Laïque, qui prend en main les procès de sorcellerie:Les traités de Démonologie se multiplient à la fin du XV e siècle et profitent d'un véritable engouement littéraire... Jean Bodin, juge Royal, fait paraître en 1580 son "Démomanie des Sorciers", ouvrage dont l'influence perdura de nombreuses années... Les rivalités personnelles, exacerbées par les difficultés du monde paysan de l'époque (disette, épidémie, climat...) déclenchent les dénonciations à la chaîne à l'intérieur d'une communauté... Les "détecteurs de sorciers" capables de reconnaître la marque du Démon chez quelqu'un (dans la prunelle de ses yeux ou grâce à un signe épidermique quelconque...) sèment la zizanie dans des villages entiers... L'Allemagne et la France sont particulièrement touchés. D'innombrables dépositions permettent de reconstituer les traits
principaux de la sorcière:
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