Le XIX e siècle et ses courants artistiques du Symbolisme et du Romantisme, va favoriser l'émergence d'un genre littéraire très spécifique: "le roman gothique".
C'est ainsi que vont voir le jour un ensemble d'oeuvres diverses mais typées, dans lesquelles le Mystère s'allie au Surnaturel, où le Romantisme  joue avec le Lugubre, voire le Morbide...
Parmi les plus réussis de ces romans, on trouve:
Le Moine de H.G. LEWIS où un démon ayant l'apparence d'une femme superbe mais cruelle, Mathilde, se repaît du malheur et du désespoir du prêtre Ambrosio prêt à la damnation pour l'amour de sa belle...

Melmoth ou l'homme errant de Charles MATHURIN qui explore l'idée d'expiation, de malédiction, un thème proche de celui du vampirisme...

Le Frankenstein de Mary Wollstoncraft SHELLEY qui symboliquement traite du débat entre spiritualité et animalité. Qui est le vrai Monstre: Viktor, Baron de Frankenstein, ou sa Créature ?...

Docteur Jekyll et Mr Hyde de Robert Louis STEVENSON évoque lui aussi la dualité qui existe en chacun de nous... Hyde, double maléfique de Jeckyll, "vampirise" petit à petit l'énergie et la volonté du Docteur, le poussant à commettre brutalités et crimes. ( Il passe du côté obscure de la Force...Euh non ça n'a rien à voir...)

Le Vampirisme, implicite ( comme dans Jeckyll et Hyde) ou explicite ( cf liste non-exhaustive plus bas ) est un thème  étrangement récurrent dans la littérature Gothique:
Chez Edgar Allan POE: certaines de ses Histoires extraordinaires comme le 'portait ovale' aborde le vampirisme de façon claire: un artiste peint le portrait de sa femme tendrement aimée. Au moment où il achève son oeuvre, en criant devant la perfection de son tableau " en vérité, c'est la VIE elle-même !" sa femme tombe raide morte...

Très proche est le Portrait de Dorian Gray d'Oscar WILDE: Dorian Gray est un aristocrate très beau mais amoral et vaniteux... Il ne viellit pas, c'est le portrait qu'on a fait de lui au summun de sa jeunesse (et qu'il a enfermé dans son grenier...), qui "porte les stigmates de sa vie dissolue et les flétrissures du temps" Ici encore, on a à faire à un objet-vampire.

Hormis The Vampyre ( Charles Nodier ?) et le passable Lord Ruthven de John W. POLIDORI, le vampirisme plus explicite présente souvent des personnages féminins... C'est le cas de Lamia de John KEATS (1821), L'Histoire de la Dame Pâle d'Alexandre DUMAS (1840) mais aussi de La Morte amoureuse de Théophile GAUTHIER (1836) ou de Carmilla de Joseph Sheridan LE FANU (1872).
 
 
La Morte amoureuse de Théophile Gauthier  met en scène Clarimonde, une courtisane qui à "survécue à sa mort". Elle séduit et tombe amoureuse de Romuald, un jeune prêtre.

Un jour celui-ci se coupe:" le sang partit ausitôt en filets pourpres, et quelques gouttes jaillirent sur Clarimonde. Ses yeux s'éclairèrent, sa physionomie prit une expression de joie féroce et sauvage que je ne lui avait jamais vue... Elle se précipita sur ma blessure qu'elle se mit à sucer avec un air d'indicible volupté..." 

 (Ce passage évoque la scène où Jonhathan Harker se coupe en se rasant, le matin de son arrivée au château de Dracula; il a probablement inspiré Stoker pour la psychologie de son terrible personnage...). Et fait rarissime dans la littérature vampirique (à part Carmilla ?) le jeune prêtre devient une victime consentante. Il faut toute la force de persuasion de l'abbé Sérapion pour que Romuald le laisse exorciser la belle Clarimonde.
Celle-ci, reprochant son geste à son amant, "se dissipa dans l'air, comme une fumée et je ne la revis jamais plus..."

Quelques années plus tard, Sheridan le Fanu dans Carmilla, insiste un peu plus sur le côté ambiguë et l'érotisme du Vampire: son héroïne, Laura, tente de résister aux troubles que faît naître en elle son amie, Carmilla de Karnstein.
Et ce n'est pas seulement contre l'emprise hypnotique du vampire que la jeune fille doit lutter mais aussi contre l'éveil de ses sens et plus précisément, la tentation homosexuelle.

Cependant, c'est Bram Stoker (et son Dracula) qui sut créer le personnage le plus riche, le plus attirant, le plus effrayant et qui sut le faire évoluer dans une atmosphère si juste et prenante qu'elle s'est imposée comme archétype de l'histoire de vampire... (merci Bram, pour ces nuits blanches où j'ai lu et relu les 511 pages ( livre de poche) de ce bijou de la littérature fantastique !)

De nos jours, contrairement à d'autres mythes, le vampire inspire toujours les romanciers. Ils ont su également apporter un sang neuf (...celle-là, je ne pouvais pas la rater...) et créer un véritable Renouveau de la mythologie vampirique. En voici quelques exemples:

    Je suis une légende de Richard Matheson (1954), roman très (trop !) court dans lequel le personnage principal est en fait le dernier humain sur une terre peuplée exclusivement de Vampires... Et c'est lui le Monstre, qu'il faut chasser...

    Salem (1975) l'un des meilleurs Stephen King qui exploite l'imagerie du Vampire de façon très sobre mais terriblement efficace, à travers la fuite d'un père et de son fils...

    Entretien avec un Vampire (1976) ( ainsi que les autres volets des "Chroniques du Vampire" d'Anne Rice:
    The Vampire Lestat, 1985 The Queen of the Damned, 1988 The Tale of the Body Thief, 1992 Memnoch the Devil, 1995)
    Son personnage central est Lestat (un Vampire "jeune" - 200 ans - mais très puissant). Dans ce roman et dans les autres volets, Anne Rice nous convie à partager ses états d'âme, notamment sa quête des Origines et de la Justification du lourd fardeau qu'est le Don Ténébreux...

    Enfin, L'échiquier du mal (1993) du génial Dan Simmons où les Vampires sont des vampires psychiques, capable de contôler la volonté des gens et de les utiliser à des fins personnels. Ce qui remplit parfaitement la définition du vampirisme...
pour finir avec le Vampire,
Comment le Cinéma a-t'il traiter un mythe 
aussi riche visuellement  que celui du Vampirisme ?