Qu'est-ce qui conduit à l'apparition de l'état vampirique chez quelqu'un ?

Etre atteint de vampirisme, c'est subir une "non-libération" de l'âme après la mort, transformant la personne en non-mort. Cet état étant une manifestation d'une damnation, certaines personnes sont prédisposées à le subir: les excommuniés, les morts-nés ou les non-baptisés, les sorciers (ou toute personne contractant un engagement avec le Diable...)
 Certains signes permettraient de reconnaître ceux sur qui pèsent la marque du Démon:

les sourcils se rejoignent ("la moustache au dessus des yeux...")
la présence de malformation congénitale
les enfants nés "coiffés" ou avec des dents...

La description du vampire est assez constante: le teint pâle, les oreilles pointues, bouche et lèvres rouges, haleine putride et ongles griffus. La peau est froide et sèche, la paume des mains est poilues (Beeeerkk !!). Comme chacun sait, le Vampire sort la nuit de son tombeau et va sucer le sang des vivants.
Dans sa chasse, il est capable de se transformer en brouillard, en rat, en loup et, selon certains (si, si !) en chauve-souris... Sa force est celle de 10 hommes,  ses sens sont aiguisés, il est très rapide et peut s'enfuir par le moindre interstice... On dit aussi que les Vampires n'ont pas de reflet. Ils ne peuvent pas traverser une étendue d'eau par leurs propres moyens. Ils craignent l'ail ( ça, on peut pas leur en vouloir...), l'aubépine, l'eau bénite, les croix et les pieux. Il faut leur en enfoncer un dans le coeur pour les tuer; on doit aussi leur couper la tête et mettre une hostie dans la bouche pour plus de sécurité...

On peut également devenir vampire après sa mort si on a été "contaminé" par la morsure d'un vampire. Tout commence par de petites marques dans le cou, au matin...

Une faiblesse plus grande après chaque nuit accable la personne atteinte... La pâleur du visage ne quitte plus le malade...
Les canines dépassent des autres dents... Des périodes d'agitation se succèdent avec d'autres plus calmes voire langoureuses... On est de plus en plus réfractaire à tout signe religieux: l'eau bénite ou la croix que l'on portait autour du cou brûlent la peau...

Le vampire exerce une emprise hypnotique de plus en plus grande: il devient impossible de l'empêcher d'entrer: il a suffit de répondre la première fois à son appel... (car un vampire ne peut pénétrer dans une maison si il n'y a pas été invité une fois).
Sans une transfusion sanguine et une protection contre toute nouvelle intrusion du Vampire, vous irrez bientôt rejoindre la Horde des Fils de la Nuit...

Mais pour se transformer en Vampire après la mort, il vous manque encore une étape: boire le sang du Vampire qui s'intéresse à vous...

Le sang fascine l'Imaginaire collectif: le sacrifice, cet acte rituel où le sang coule et est ainsi transmis symboliquement (son pouvoir, son energie) à la divinité qui l'exigeait, a été pratiqué par toute les civilisations. Mais la relation qui existe entre l'Homme et le sang est complexe, changeante parfois ambiguë: pour les Hébreux, c'etait un symbole de Vie mais aussi d'impureté:

" C'est pourquoi j'ai dit aux enfants d'Israël: vous ne mangerez le sang d'aucune chair, car l'âme de toute chair, c'est son sang: quiconque en mangera sera retranché" (Lévitique, XVII, 10-14); ça, c'est la Vie

Mais dans la tradition hébraïque, le sang est aussi lié à la malédiction qui à accompagné la Chute de l'Homme du Jardin d'Eden: en effet, la perte du sang menstruel rappel aux descendantes d'Eve, la faute à l'origine de cette chute: avoir cédé à la Tentation... Le sang menstruel est alors perçu comme impur. Une femme pendant ses règles ne doit pas paraître en public...

La notion de péché était donc indissociable du Sang...

C'est le Christianisme qui "réhabilite le sang": les Evangiles enseigne que le Christ à sauvé l'homme en versant son sang, au sens propre (lors de sa mort) et au sens figuré ( lors de la Cène, où le Christ " souligne la valeur rédemptrice de son propre sang" dans le partage symbolique du vin avec ses disciples.).

Mais l'interprétation trop littérale de ce repas entraîne quelques dérives... "Charlemagne (...) punit de mort ceux (...) qui, confondant les croyances païennes et le mystère de la trans-substantiation ( présence réelle de la chair et du sang du Christ dans la communion ) se livrent à des festins de chair humaine"....

Le sang, dans le monde chrétien médiéval, reste chargé de pouvoirs surnaturels: "Au XIe siècle, l'idée de la valeur rédemptrice du sang et une interprétation abusive du culte de la Vierge Marie amènent des sorciers ou des médecins à prescrire de boire du sang immaculé de jeunes filles vierges pour combattre toutes sortes de maladies et retarder les effets de la vieillesse". Théorie que partageait (et pratiquait allègrement...) la Comtesse de  Bathory.
 
 Voyons voir ça...